Sensory Odyssey: comment une expérience multisensorielle provoque l’immersion totale

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Vous entrez dans une pièce plongée dans la pénombre.
Le sol luit comme une terre humide après la pluie.
L’audio n’est pas une bande-son, c’est le climat qui se déplace autour de vous.
Une odeur vous parvient, difficile à nommer au premier instant, jusqu’à ce que votre cerveau fasse le lien : le petrichor, vert, minéral.
Pas de casque. Pas d’écouteurs. Pas d’instructions qui vous ordonnent quoi faire.
Juste votre respiration, qui s’accorde peu à peu au rythme de l’espace.

C’est là la promesse fondamentale de Sensory Odyssey: loin d’une exposition muséale faite de cartels et de murs de texte, une expérience multisensorielle au flux intuitif, conçue pour vous faire sentir présent, curieux, et discrètement éveillé au monde vivant.

Sensory Odyssey

Une expérience ludique et fondée sur l’apprentissage, coproduite avec le Muséum national d’Histoire naturelle, qui utilise l’image grand format, le son spatialisé et l’olfactif pour reconnecter le public au monde non humain.
C’est davantage une traversée qu’une visite : on n’y accumule pas des faits, on y récolte des sensations qui restent et donnent envie d’en savoir plus après.

Deux convictions fondatrices structurent le projet :

L’immersion commence en vous. Quand la respiration, la posture et l’attention s’accordent avec la lumière, le son, la température et l’odeur, l’esprit fait le reste.

La technologie doit s’effacer. Elle est présente, mais elle ne cherche pas à briller. La présence prime sur la démonstration.

Le mythe à dépasser : plus de technologie ≠ plus d’immersion

Si l’on vous a déjà dit que l’immersion se génère par un casque, Sensory Odyssey n’est pas d’accord.
La position de l’équipe est claire :

« La véritable immersion se produit dans le corps et l’esprit, lorsque l’on est en phase avec l’environnement. »

C’est pourquoi il n’y a ni casque, ni écouteurs, ni écrans individuels.
La vision périphérique reste ouverte, la respiration se relâche, et l’on perçoit les autres visiteurs partageant le moment.
La coprésence fait partie du scénario, elle n’est pas une distraction.

Quand c’est juste, on ressent la scène plus qu’on ne remarque les dispositifs.

Pourquoi les visiteurs retiennent davantage

(le moteur de l’émerveillement)

Sensory Odyssey privilégie une approche presque non verbale.
L’objectif est de faire naître l’émerveillement en premier, car l’émerveillement ne rend pas passif : il pousse à se demander comment et pourquoi.

Les psychologues le soulignent depuis des années : la curiosité soutient l’attention et favorise la consolidation de la mémoire.
Concrètement, les visiteurs disent se sentir plus calmes, plus empathiques, et plus enclins à lire, agir et s’engager après l’expérience.
On en ressort l’esprit éveillé, pas saturé.

L’olfactif comme colonne vertébrale, pas comme décor

La plupart des expériences scientifiques s’adressent presque exclusivement à la vue : textes, schémas, écrans.
Cela peut exclure ou fatiguer de nombreux publics.

Sensory Odyssey inverse la hiérarchie :
L’olfactif et l’ouïe portent le récit, l’image visuelle vient en soutien.

Les senteurs originales ont été conçues en partenariat avec IFF, partenaire exclusif pour le développement des fragrances.
Parfumeurs et scientifiques ont travaillé ensemble pour traduire des réalités écologiques en signatures olfactives précises, justes et profondément ancrées dans le monde vivant de Sensory Odyssey.

Pourquoi l’odorat ?

  • Il a un accès direct aux zones du cerveau liées à l’émotion et à la mémoire autobiographique.

  • Il ancre le visiteur dans la scène et donne aux images une vérité tactile.

  • Des signatures olfactives distinctes agissent comme des balises. Plus tard, elles permettent de retrouver une sensation sans avoir besoin d’un paragraphe explicatif.

Et les allergies, les odeurs trop fortes, la fatigue sensorielle ?

Les règles de conception sont strictes :

  • Peu de senteurs, clairement identifiables, toujours liées à ce que l’on voit ou entend

  • Diffusion par molécules sèches, à très faible persistance, pour éviter les mélanges

  • Transitions sonores et lumineuses entre les espaces pour neutraliser l’odeur précédente

  • Procédés répondant à des normes d’hygiène strictes et choisis pour limiter les risques allergènes

En Bref : dosage faible, grande lisibilité, transitions nettes.

Le son comme guide invisible

Plutôt que de diffuser de la musique de manière frontale, l’espace utilise le son spatialisé pour influencer subtilement le mouvement et les états internes :

  • Des nappes graves et continues ralentissent le pas et prolongent le regard

  • Des signaux plus lumineux et directionnels orientent l’attention sans la contraindre

  • Le silence est intentionnel : il permet aux images de s’imposer

On sort en disant :
« J’avais l’impression d’être dedans », et non : « une voix m’a dit où regarder ».

Accessibilité et confort cognitif, par conception

L’effet global est apaisant, non spectaculaire :

  • Niveaux sonores modérés, contrastes lumineux doux

  • Densité de visiteurs régulée et rythme fluide pour laisser le corps habiter chaque scène

  • Aucun équipement à régler ou manipuler

Pour les publics neuro-divergents ou sensibles, des transitions progressives et des zones de pause sont prévues.
L’objectif n’est pas d’impressionner jusqu’au silence, mais de restaurer une sensation naturelle d’être pleinement là.

Ce que l’équipe mesure

(et pourquoi cela compte)

En mai-juin 2022, lors d’un pilote au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris, une étude in situ a été menée, combinant :

  • EEG léger (4 électrodes FP1 / FP2)

  • Questionnaires sur la présence, le flow, le « small self », l’émotion, la connexion à la nature, le sublime

  • Observation des déplacements et du rythme des visiteurs

La question centrale était simple :
les moments d’émerveillement coïncident ils avec des signes physiologiques d’apaisement, comme une respiration plus régulière ?

L’étude, menée avec un collectif transdisciplinaire (CNRS, MNHN, EHESS, Université Paris Cité, CRNL Lyon, Monell Center), a été décrite comme un cadre expérimental inédit pour une expérience immersive.
Les résultats ont nourri les ajustements de rythme, de lumière, de son et de transitions, afin de produire une immersion perçue comme naturelle, non imposée par la technologie.

La place juste de la technologie

Par principe, la technologie s’efface :

  • Projecteurs 4K et 8K, son immersif et diffuseurs olfactifs intégrés et discrets

  • Câbles, LEDs et interfaces de contrôle invisibles

  • L’environnement devient l’acteur principal, l’infrastructure disparaît

Gwenaël Allan, fondateur de Sensory Odyssey, résume ainsi :

« Ici, le spectacle et l’imaginaire prennent le pas pour rendre la science plus accessible. Les techniques, les technologies et la créativité que nous mobilisons servent un seul objectif : composer un monde qui donne l’illusion de percevoir, voir, entendre, sentir et ressentir le monde vivant comme si nous étions dotés des capacités d’autres espèces non humaines. Changer de point de vue, se sentir très petit et être touché par la richesse et la complexité du vivant donne envie de respecter, protéger et contempler avec émerveillement le monde non humain. »

Pourquoi ce n’est pas un simple “plus”

Si vous êtes déjà sorti d’un musée fatigué d’avoir trop lu, vous connaissez le problème.
Sensory Odyssey cherche à reconfigurer l’attention : moins d’extraction par les yeux, plus de participation du corps entier.

Ce déplacement peut réparer des liens fragilisés entre humains et monde vivant, non par l’argumentation, mais par l’expérience.
Les visiteurs repartent plus ancrés, et plus disponibles pour apprendre.

La vision d’Original Narratives

Sensory Odyssey ouvre une voie en laquelle nous croyons profondément :
des expériences qui n’écrasent pas, n’isolent pas, n’assaillent pas, mais qui réaccordent notre attention au monde.

Quand l’immersion est ancrée dans le corps et partagée dans l’espace, l’apprentissage devient durable, l’émotion prend du sens, et la technologie retrouve sa juste place : en arrière-plan.

Chez Original Narratives, c’est l’horizon vers lequel nous travaillons.
Créer des expériences culturelles qui commencent par la présence, éveillent la curiosité par l’émerveillement, et laissent les visiteurs plus attentifs à l’histoire, à la nature et à eux-mêmes.

Non pas en ajoutant toujours plus de spectacle,
mais en concevant des moments justes, incarnés et vivants.

L’ambition est simple et exigeante à la fois :

Créer des espaces où l’on ne se contente pas de voir une histoire,
mais où l’on la ressent et la vit à la première personne,
avant d’en emporter l’écho dans le monde réel.

En savoir plus sur Sensory Odyssey : site web, LinkedIn et Instagram
En savoir plus sur le Muséum national d’Histoire naturelle et IFF

Découvrez notre vision ici.

Crédits images : Projectiles / Mardi 8 / Expéditions Spectacles / Sensory Odyssey

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